365 jours au parlement neuchâtelois…

Cela fait aujourd’hui une année que j’ai eu l’honneur d’être élue au Grand Conseil neuchâtelois. Je profite de l’occasion de donner un éclairage sur une fonction plus lourde qu’il y paraît, pour des représentant-e-s politiques de milice.

Car être députée, ce n’est pas seulement siéger chaque mois en plénum – parfois jusqu’à 22 heures le mardi soir pour des sessions marathon – et choisir à chaque scrutin d’appuyer sur un de ces trois boutons devant moi, avec la responsabilité de représenter dignement les personnes qui m’ont élue et de rester toujours en plein accord avec mes convictions…

  • C’est aussi consacrer deux jeudis soirs sur quatre à préparer les sessions avec son groupe, souvent en ligne – en bonne compagnie, mais les ordres du jour sont chargés et les discussions sont nourries.
  • C’est lire des rapports et des rapports… Nous sommes un petit groupe: 12 vaillant-e-s représentant-e-s du groupe VL-LC, soit la moitié des grands groupes (PLR, PS et VertPOP), qui comptent entre 21 et 32 membres. En termes de préparation et de prise de parole sur les différentes thématiques, nous devons nous répartir un grand nombre de dossiers entre un petit nombre de député-e-s. Cela implique beaucoup de temps investi à étudier les rapports pléthoriques et parfois tentaculaires qui nous sont soumis.
  • C’est participer aux travaux en commission et en sous-commission. J’ai la grande chance de participer aux travaux de la commission de gestion, et en sous-commission du DESC (Département de l’Economie, de la Sécurité et de la Culture), qui sont exigeants mais passionnants. C’est à mes yeux la facette la plus éclairante et enrichissante de cette fonction de députée. C’est d’ailleurs au sein de ces commissions que se concrétise l’essentiel du travail politique.

Un exercice d’équilibrisme pour les actifs!

On me demande souvent combien d’heures cela représente d’être députée; en ce qui me concerne, je dirais cela représente approximativement 30 heures de séances par mois, plus l’étude des dossiers. C’est un investissement important en temps et en énergie, car il faut à chaque fois se plonger dans des problématiques très diverses, qui nécessitent d’en connaître l’historique, les coulisses et les champs de tension…

Il ne faut pas sous-estimer le dévouement de la politique de milice; l’honneur et la responsabilité de siéger au Grand Conseil impliquent un certain nombre de sacrifices pour une personne en activité professionnelle, à plus forte raison pour une mère ou un père de famille… c’est un véritable exercice d’équilibrisme!

A propos des démissions…

Je tiens d’ailleurs à remettre les pendules à l’heure: les médias n’ont pas manqué de relever à juste titre qu’il y a eu beaucoup de démissions depuis le début de cette législature, suscitant un bourdonnement de fond ponctué de remarques sexistes qui m’ont – comme toujours – mise hors de moi. C’est tellement facile de juger.

Je comprends le sentiment de désertion d’un-e élu-e, mais j’invite chacun à faire preuve compréhension et d’un minimum de retenue. Le sens du devoir, c’est aussi de se rendre compte qu’on a ou non la capacité de s’impliquer suffisamment pour exercer une telle fonction de milice, et plus prosaïquement de gérer les aspects organisationnels et financiers.

Car il est vraiment difficile, vu de l’extérieur et lorsqu’on se présente pour la première fois, de mesurer l’ampleur de la tâche… Lorsque les partis rassemblent des forces vives pour les élections, il est de leur devoir d’informer avec transparence et clarté ce que signifie de se porter candidat-e à une telle fonction.

Gravir les marches du Château

Pour ma part, ayant assisté comme journaliste à de nombreuses sessions par le passé, je croyais bien connaître le terrain. J’étais pourtant bien loin de mesurer tous les contours de cette réalité. Observer et commenter, c’est plus facile que de mettre la main à la pâte!

Pour conclure… être députée, c’est un peu comme lorsqu’on décide de gravir les 126 marches pour atteindre le Château: c’est particulièrement fatiguant quand on n’est pas exercé, mais quand on arrive en haut… c’est un vrai bonheur! Très humblement, j’apprends beaucoup ; à chaque nouvelle page que j’aborde, c’est avec un peu plus de souplesse, de profondeur et de plaisir. Merci à toutes celles et ceux qui m’ont accordé leur confiance.

Il y a quelques marches à gravir avant de découvrir le magnifique Château de Neuchâtel de l’intérieur.

Un avis sur « 365 jours au parlement neuchâtelois… »

  1. Merci Caroline pour ce témoignage, que je partage pour l’essentiel.
    C’est parce que j’étais conscient de la charge de travail que cela représente que j’ai attendu la retraite pour me présenter au Grand Conseil, j’estimais devoir donner la priorité à mes collaborateurs. Je mesure aujourd’hui à quel point ce choix était juste et responsable.
    La charge est effectivement élevée si on veut bien faire le travail, dans mon cas je l’estime à un bon 20%, même dans un grand groupe. C’est certes du plaisir souvent, mais également des déceptions, voire des frustrations. Il manque la recherche de compromis, chaque camp restant généralement bloqué sur ses positions, pour ne pas dire son dogme.
    Mais globalement, on a malgré tout l’impression de faire avancer les choses, même si c’est (trop) lentement.
    Bonne continuation, Caroline.

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