On parle beaucoup de la Génération Z, née dans les années 2000 en pleine révolution digitale, piégée entre le vertige de l’accélération et le doute. Il y a toujours un grand nombre de voix qui s’élèvent pour la jauger de loin et la juger, souvent en surface et parfois avec suffisance… mais combien d’oreilles pour l’écouter?
Comme chaque hiver depuis trois ans, je passe de longues heures à relire les études de cas – environ soixante par volée – de mes étudiant-e-s en communication. Dans leurs réflexions, ils sont comme un livre ouvert. Entiers, révoltés par toute forme de discrimination, imperméables au mercantilisme, indignés par les tromperies. Ils croient à des choses plus belles que ce qu’on leur propose… Ils aiment s’exprimer, partager leurs idées, leurs découvertes. Ils sont passionnés et engagés. En même temps, ils sont respectueux, patients, tolérants.
Je redécouvre le monde à travers leurs yeux et je mesure bien le fossé des générations. Je reconsidère mes pseudo-acquis et à je m’inspire de leurs visions. Cela me pousse dans mes derniers retranchements. Contrairement aux apparences, ce sont eux qui me «corrigent». Ou plutôt elleux. Nous nous complétons réciproquement de nos compréhensions du monde. Je leur apprends le passé et ils m’apprennent l’avenir.
Sous leur plume…
Sous leur plume, le monde est inclusif. Il n’y a plus de préjugés de genre, de discriminations sociales ou raciales. La langue est inclusive, les formulations non genrées et neutres sont toujours plus nombreuses. L’orthographe neuve se passe de certains circonflexes autrefois obligatoires, j’apprends à modérer les élans de mon stylo rouge.
Sous leur plume, les impostures sont vaincues. Les marques se transforment pour être durables et éthiques. Il n’y a pas de limite dans le besoin de transformation qui hurle dans leurs tripes. Tous les secteurs y passent, la grande distribution, les enseignes de restauration, la mode, la mobilité, le luxe.
Sous leur plume, les leurres tombent les uns après les autres. Les rêves et les produits toxiques vendus par les grandes marques sont dénoncés à travers un prisme critique, conscient et assumé: le boycott du mensonge commercial, le rejet de toute forme de stéréotype, la déconstruction des mythes des «Trente Glorieuses».
C’est une faiblesse que de vouloir penser à la place des jeunes, d’adopter une attitude condescendante, défensive ou dédaigneuse. Avec un peu de recul et d’autocritique, nos générations portent plus de contradictions qu’on ne pourra jamais leur reprocher. C’est le moment de tendre l’oreille. Il n’y a pas besoin de lire dans une boule de cristal pour savoir que l’avenir est dans le cœur et entre les mains de la GenZ.


Laisser un commentaire