«Alors, ça phosphore?» fam. ironique
Il y a en a qui codent le monde en 1 et en 0, qui gèrent, qui chiffrent, qui implémentent.
Et il y en a qui phosphorent.
Dans la langue familière, phosphorer, c’est réfléchir profondément, travailler intellectuellement avec intensité.
Par analogie avec l’éclat du phosphore – avec deux ph – cet élément chimique luminescent dans l’obscurité. Son histoire est insolite.
Car c’est lors de recherches sur la pierre philosophale, supposée transformer le plomb en or, qu’un alchimiste allemand créa par hasard le phosphore. Celui-ci tire son nom du mot grec phosphoros, qui signifie «porteur de lumière» et évoque l’étoile du berger, la planète Venus. Celle qui brille le plus fort dans la nuit.
Dans la nature, les lucioles et certains poissons des abysses continuent à émettre de la lumière lorsque la source est éteinte.
C’est dans l’obscurité qu’ils se révèlent.
Il en va ainsi de certaines personnes, dont on dit qu’elles sont brillantes.
J’ai la chance d’en avoir plein autour de moi, des personnes qui amènent de la lumière, dans ce monde de plus en plus complexe et opaque qui fait tomber la pénombre sur nos certitudes.
Réfléchir, c’est rediriger la lumière.
Phosphorer, c’est la produire dans l’obscurité.
«Alors, ça phosphore?»
Oui, ça phosphore. Ça crépite, ça pétille, ça étincelle.
Ça nous inspire et nous éclaire.
Selon le mot de la romancière new yorkaise Edith Wharton : «Il y a deux façons de répandre la lumière; être la bougie ou le miroir qui la reflète».


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