Les ambitions, les défis personnels, les rêves d’avenir fusent dans les agendas, plus ou moins secrets. Chacun porte son rêve intime. Je veux changer le monde. Je veux gravir les échelons. Je veux devenir puissant·e, riche, influent·e. Je veux m’asseoir sur le trône. Je veux être calife à la place du calife. Je veux tout arrêter. Je veux me lancer en indépendant·e. Je veux être un·e artiste. Je veux faire le tour du monde à pied. Je veux devenir libre.
Ici ou ailleurs. En grandes lettres ou dans la marge. On espère, on se retient, on se lance. Bille en tête.
Je m’appuie sur librement sur cette citation de Nietzsche, «Deviens ce que tu es». Ce qu’on veut devenir est en nous. Dans ce qu’on appelle le «Personal Branding», il y a trois quarts d’introspection et un quart de communication. Avant d’être vraiment capable de «devenir» et de «se» communiquer, il faut savoir qui on est.
A l’origine, le «pourquoi»
Cette question, on est appelé à se la poser, surtout aux moments-clés de sa vie. Il y a quoi tout au fond, dans vos tripes? Il y a qui à l’origine, au départ ? Qui veut devenir quelqu’un d’autre? Et surtout, pourquoi. C’est au moment où l’on se demande «pourquoi» que l’on se confronte avec la personne que l’on est et surtout, celle que l’on n’est pas. Pas encore. Ou pas tout à fait.
Paradoxalement, c’est bien dans l’identification de ce que nous ne sommes pas encore que se trouve le rêve. Ce que nous voulons devenir. Ce que nous voulons réaliser. Et aussi ce que nous voulons surmonter. C’est la partie la plus difficile, car cela demande de nous confronter aussi à nos fragilités, nos peurs et nos limites, celles qui existent et celles que l’on imagine…
La recherche de son identité profonde n’est pas une destination fixe. C’est un chemin en perpétuel mouvement. À chaque étape de la vie, nos ambitions évoluent, nos valeurs changent et notre vision de ce que nous souhaitons devenir s’affine. Ce à quoi nous aspirions à 20 ans n’est peut-être plus ce qui nous inspire à 40. Mais des rêves anciens peuvent revenir aussi après quelques méandres et errances. Et c’est normal. Accepter cette évolution, c’est aussi accepter que notre identité n’est pas figée, qu’elle est en constante construction.
Oser être soi
Dans ce monde en adoration devant le Dieu bling-bling où tout semble se mesurer à la réussite «affichable» et à la performance, il est facile de se perdre en chemin. On finit par poursuivre des objectifs et des rêves en carton-pâte qui ne sont pas les nôtres. Se réapproprier son identité, c’est aller où notre intuition nous porte; c’est oser dire oui à nos désirs secrets, mais c’est aussi oser dire non à ce qui ne résonne pas avec nos projets intimes.
C’est aussi accepter que cette quête ne soit pas linéaire, qu’elle soit semée d’hésitations, de doutes et parfois même de reculs. Mais chaque avancée, chaque pas fait vers cette vérité intérieure nous rapproche un peu plus de la matière dans laquelle nous sommes faits.
«Deviens ce que tu es» prend alors tout son sens. Aujourd’hui comme début de ce que nous pouvons être demain. Le potentiel en «devenir» est là, tapi dans les entrelacs de nos expériences, nos espoirs et nos angoisses. Ce qui compte, c’est de surmonter les dissonances pour suivre son élan. Bille en tête.


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